Produits, matières, et dépendance de la France

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29 mai 2020

Quelle quantité de matières premières faut-il pour produire une voiture ? Et un pot catalytique ?
Combien de tonnes de médicaments la France importe-t-elle et exporte-t-elle chaque année ?
Quel est le nombre de matériaux différents nécessaires à la production d’un téléphone mobile ?

Le focus « Ressources naturelles » apporte les réponses à ces questions, en analysant la mobilisation des ressources naturelles par les différentes fonctions de vie des Français - se nourrir, se loger, se déplacer au quotidien, s’équiper, partir en vacances, se soigner - :

  • Il faut 15 tonnes de matières premières pour produire une voiture (dont 3/4 de minéraux métalliques et métaux rares), soit le poids de dix voitures. A lui seul, le pot catalytique et ses quelques grammes de platine requiert près de trois tonnes de matériaux, soit deux à trois fois le poids de la voiture. La transition de la mobilité vers des véhicules décarbonés, plus vertueux en termes d’émissions de GES et de préservation de la qualité de l’air, nécessitera plus de cuivre (quatre fois plus pour un véhicule électrique), de lithium, mais aussi de nickel, de cobalt, d’aluminium ou encore de manganèse.
  • La France importe de plus en plus de médicaments (environ 265 000 tonnes en 2018), malgré une implantation forte de l’industrie pharmaceutique sur son territoire et des exportations également en croissance (près de 390 000 tonnes en 2018). Sa dépendance aux médicaments importés a ainsi été multipliée par sept sur la période 1990 – 2018.
  • La production d’un téléphone mobile nécessite 70 matériaux différents, et la consommation d’objets électroniques des ménages français a été multipliée par sept entre 2000 et 2016.

Se faisant, il démontre la dépendance grandissante de la France aux autres pays en ce qui concerne l’approvisionnement en produits et matières. En effet, si la France est autonome vis-à-vis des ressources naturelles renouvelables, elle dépend quasi-entièrement de ressources minières produites par d’autres pays, au premier rang desquels la Chine. Elle se situe parmi les pays dont l’empreinte matières dépasse la masse de matières extraites de son territoire (Note de bas de page : Les empreintes environnementales permettent d’appréhender les impacts internationaux de la consommation française, en intégrant l’ensemble des matières premières mobilisées, extraites de son territoire ou hors de ses frontières, pour satisfaire ses besoins à l’exclusion des matières ou productions exportées. À l’instar des autres pays européens, les empreintes de la France dépassent la capacité de son propre territoire à fournir l’ensemble des ressources nécessaires.)

Les tendances de fond entraînent une tension de plus en plus forte sur les ressources ; un scénario prospectif de production mondiale à l’horizon 2050 a été établi pour plusieurs minéraux et métaux. La demande mondiale devrait augmenter fortement ; à titre d’exemple, pour l’aluminium, la production mondiale attendue en 2050 est ainsi plus de huit fois supérieure à celle de 2013.

La question de la circulation des matières dans l’économie française et de son évolution se pose donc avec acuité. En 2016, 167 millions de tonnes de matières provenant de la valorisation des déchets étaient utilisées pour couvrir les besoins français, 934 millions de tonnes étant des apports directs de matières, provenant de l’extraction intérieure ou des importations. Le sujet de la transition vers une économie circulaire est donc prégnant. Pour cette raison, la Loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) ambitionne de découpler progressivement la croissance française et sa consommation de matières premières, en visant une hausse de 30 % du rapport entre son produit intérieur brut (PIB) et sa consommation intérieure apparente de matières de 2010 à 2030.

L’enjeu de la finitude des ressources naturelles va cependant bien au-delà de l’échelle du territoire français ; la prise de conscience de l’ensemble des États pour parvenir à un constat partagé, permettant d’engager des actions de la communauté internationale en s’appuyant sur les travaux du GIER, revêt donc une importance majeure.

Découvrez le rapport

À lire également en complément

Cette publication s’inscrit dans le cadre du Rapport sur l’état de l’environnement en France.

  • L’édition 2019 du rapport sur l’état de l’environnement, publiée par le CGDD, en octobre 2019 dresse un panorama de l’état de l’environnement en France et de ses impacts sur l’environnement mondial via le prisme du concept des limites planétaires. ;
  • Un focus « Santé et Environnement » a également été publié en juin 2019. Il met en exergue les relations entre la santé et l’environnement en se focalisant sur quelques axes (impacts du changement climatique, pollution de l’air et nuisances sonores, substances chimiques, rayonnements).