Le Food sustainability index (FSI)

Fiches internationales

Le Food sustainability index (FSI), développé conjointement par le Barilla Center for Food and Nutrition et Economist Intelligence Unit, a été publié pour la première fois en 2016. Élaboré par un réseau d’experts, cet indice est issu de l’agrégation de plusieurs indicateurs couvrant la soutenabilité du système alimentaire. En 2018, la France arrive en tête de ce classement répertoriant 67 pays, suivie par les Pays-Bas et le Canada.

Qu’est-ce que l’indicateur FSI ?

Le Food sustainability index (FSI) s’appuie sur un réseau d’experts venant d’institutions publiques, d’ONG ou d’entreprises du secteur agro-alimentaire. Il s’agit d’un indicateur composite, issu de l’agrégation d’un certain nombre d’indicateurs individuels censés couvrir le domaine considéré : la soutenabilité du système alimentaire.

Les critères pris en compte sont pondérés, sont évolutifs et issus de différentes sources. Ce point empêche une comparaison d’une année à l’autre. Seuls les positions des pays et leur évolution peuvent être commentées.

L’index se développe d’année en année, la première édition en 2016 n’évaluant que 25 pays, la suivante en 2017 en examinant 35. Si initialement le FSI ne s’intéressait qu’aux pays développés, il inclut maintenant des pays à faible PIB d’Afrique sub-saharienne. Les indicateurs ou critères sont regroupés en trois grandes catégories : gaspillage alimentaire, agriculture durable, enjeux nutritionnels.

Chaque catégorie pèse pour un tiers du score total du pays pour le FSI. L’Index s’appuie sur un total de 35 indicateurs et 55 sous-indicateurs (et 89 métriques individuelles). Chaque métrique donne un score qui est normalisé (méthode classique pour les indicateurs composites) sur une échelle de 0 à 100, et fait l’objet d’une pondération à dire d’experts.
Au final, un critère comme le contenu carbone moyen des sols cultivés pèsera pour : 0,26 % du score global [33,3 % x 20 % x 12,3 % x 31,7 %]
catégorie « agriculture durable » (33,3 %) → indicateur « agriculture et utilisation des terres » (20 %) → sous-indicateur « impact environnemental de l’agriculture sur les terres » (12,3 %) → métrique « contenu carbone des sols » (31,7 %).

Toutes les métriques ne sont pas quantitatives ; ainsi, l’indicateur « gestion de l’eau dans l’agriculture » s’appuie en fait sur une seule métrique, la « réutilisation des eaux usées en agriculture ». Celle-ci est notée 0 ou 1 en fonction de la réponse à la question de l’existence d’initiatives ou programmes (ou législation) visant cette réutilisation d’eau en agriculture. Une fois normalisée, la métrique devient 0 ou 100 ; la France obtient un score de 0 sur cette métrique ; on peut supposer qu’une simple promotion des programmes existants suffirait à lui permettre d’obtenir le score de 100.

Quel est le classement de la France en 2018 ?

Selon la dernière édition de ce FSI, la France arrive en tête de ce classement répertoriant 67 pays, suivie par les Pays-Bas et le Canada. C’est principalement la première catégorie qui tire la France vers le haut du classement depuis la création de cet indicateur et ce, en raison du dispositif législatif mis en place pour lutter contre le gaspillage alimentaire. En queue du classement, on retrouve les Émirats-Arabes-Unis, derrière la Bulgarie, la Russie, l’Arabie saoudite et l’Afrique du Sud.
La France est également première dans la catégorie de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Elle est 8ème sur les aspects de gestion nutritionnelle, et 20ème dans le domaine « agriculture durable ».

Les critères déclassant de la « gestion nutritionnelle » sont la prévalence du surpoids et la fréquentation importante de la restauration rapide. Les restaurants de fast-food plombent la note nutritionnelle plutôt élevée comme pour tous les pays à haut revenu.

Pour la partie agriculture durable, la France enregistre de bonnes notes sur les gaz à effet de serre et sur certains aspects de l’utilisation de l’eau.

Par contre, elle se retrouve dans le rouge sur l’impact du négoce international, la productivité et la gestion de l’eau. L’utilisation des terres et l’agriculture récoltent des notes plutôt moyennes. Une amélioration des pratiques sur ces indicateurs (ou une meilleure communication sur les pratiques retenues pour calculer les différentes métriques) permettrait de gagner quelques places au classement « agriculture durable ».

Quelles sont les évolutions apportées au FSI en 2018 ?

Les évolutions (nouveaux critères notamment) apportées cette année au FSI visent à mieux rendre compte des objectifs de développement durable (en termes de pauvreté, préservation des ressources, etc.). À chaque fois que cela était possible, les indicateurs ODD proches ou identiques aux métriques précédemment utilisées par le FSI ont été privilégiés. Les sources onusiennes (pour les ODD) ont été utilisées. Les autres sources citées sont : the Animal Protection Index, the BP Statistical Review of World Energy, Economist Intelligence Unit, Commission européenne, FAO, the ITUC Global Rights Index, the Land Matrix, the Sustainable Development Solutions Network, UN Comtrade, UNESCO, UNICEF, the World Bank Group, the World Health Organisation, the World Resources Institute’s Aqueduct ainsi que des publications scientifiques à comité de lecture.

Cette multiplicité des sources va de pair avec une multiplicité des années de référence pour les métriques : si une majorité des années s’appuie sur les millésimes 2013 à 2016, certaines métriques utilisent des références anciennes (2008, 2005 voire 1991 !). Certes, il s’agit souvent d’indicateurs couvrant des problèmes peu évolutifs (liés aux sols notamment) mais cela peut questionner la structuration de l’index.