Les éco-activités et l’emploi environnemental

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Les éco-activités sont les activités qui produisent des biens ou services ayant pour finalité la protection de l’environnement ou la gestion des ressources. En 2017, elles mobilisent 1,8 % de l’emploi intérieur total français. Le montant de la valeur ajoutée dans les éco-activités atteint 31,6 milliards d’euros, soit 1,5 % du produit intérieur brut.

Vue d’ensemble

En 2017, les Éco-activité mobilisent 465 450 emplois en équivalent temps plein (ETP), soit 1,8 % de l’emploi intérieur total français. Après une phase de hausse entre 2004 et 2011, l’emploi se stabilise au cours des années suivantes. Entre 2016 et 2017, les effectifs augmentent de 5 %, en lien avec les conversions des exploitations françaises à l’agriculture biologique et une reprise des investissements dans les énergies renouvelables.

Le montant de la valeur ajoutée dans les éco-activités, en hausse de de 4,3 % en 2017, atteint 31,6 milliards d’euros, soit 1,5 % du produit intérieur brut. Quant à la production, elle atteint près de 87 milliards d’euros en 2017, soit 2,2 % de la production française totale. La balance commerciale des éco-activités est excédentaire de 1,8 milliard d’euros approchant ainsi le niveau de 2015 après la baisse intervenue en 2016. Malgré sa forte progression en 2017 (+ 500 millions d’euros), le solde commercial reste cependant nettement en dessous de son niveau des années 2005-2008 et 2012-2014 au cours desquelles il dépassait les 2 milliards d’euros.

Valeur ajoutée, production, commerce extérieur et emploi dans les éco-activités en 2017
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Valeur ajoutée, production, commerce extérieur et emploi dans les éco-activités en 2017

(p) Données provisoires.
(1) Protection et restauration des sols et masses d’eau, y compris agriculture biologique.
Note : les exportations et les importations de biens sont évaluées franco à bord (FAB) ;
Du fait des arrondis, les totaux et sous-totaux peuvent différer de la somme des lignes correspondantes.

Source : SDES ; Insee, Esane, EAP, Comptes nationaux base 2014 ; Douanes ; Ademe; Agence BIO

465 000 emplois dans les éco-activités

Les éco-activités emploient 465 000 personnes en équivalent temps plein (ETP) en 2017. Les effectifs ont augmenté de 5 % entre 2016 et 2017 contre +1 % dans l’ensemble de l’économie.

Cette hausse s’explique avant tout par le dynamisme de l’emploi dans la réhabilitation des sols et des masses d’eau, domaine des éco-activités qui compte les plus d’ETP (96 000). Les effectifs en équivalents temps plein ont progressé de 13 % entre 2016 et 2017 grâce au développement soutenu de l’agriculture biologique, en lien avec une demande croissante. Ainsi, en 2008, un tiers des Français déclarait avoir réalisé des achats dans un magasin bio ou dans le rayon bio d’un supermarché. Neuf ans plus tard, cette proportion atteint 56 % (source : CGDD/SDES, plateforme Environnement de l’enquête de conjoncture sur les ménages réalisée par l’Insee). Le nombre de producteurs engagés dans l’agriculture biologique s’élève à 36 690 en 2017, soit une augmentation de 14 % par rapport à 2016. Les surfaces dites « certifiées bio » ont augmenté de 17 % en 2017 et celles en conversion de 6 %.

Après la réhabilitation des sols et des masses d’eau, les deux plus grands domaines pourvoyeurs d’emploi sont les déchets et les eaux usées. Le domaine des déchets n’est plus le plus gros employeur des éco-activités depuis 2015. L’emploi recule depuis 2012 dans ce secteur (- 6 500 ETP entre 2012 et 2017) en lien avec la baisse des ventes de services de collecte et d’enfouissement. La mise en place de la collecte sélective et des investissements dans les usines de traitement ont eu un effet favorable sur l’emploi jusqu’en 2011. Depuis, les besoins d’investissements nouveaux se sont taris et la gestion de la collecte sélective se rationalise.

Dans le domaine des eaux usées, l’emploi gagne 2 300 ETP en 2017 en raison d’investissements accrus dans la construction de réseaux d’assainissement ou de stations d’épuration. Si l’année 2017 est favorable, l’emploi a baissé régulièrement entre 2011 et 2015. En effet, la mise en conformité des équipements avec les exigences règlementaires est en voie d’achèvement et les nécessités d’investissement pour conformité tendent à se réduire. Ainsi, en 2013, neuf stations de traitement des eaux sur dix étaient conformes à la réglementation.

L’emploi dans le domaine des énergies renouvelables croît de près de 10 % en 2017 en raison d’une activité repartie à la hausse dans différentes filières (énergie photovoltaïque, pompes à chaleur, biocarburants) qui avaient marqué le pas au cours des années précédentes.

Évolution de l’emploi dans les éco-activités

(p) Données provisoires.

Source : SDES ; Insee, EAP, Esane, Comptes nationaux base 2010 ; Ademe; Agence BIO

Dans le domaine de la récupération, le chiffre d’affaires rebondit en 2017, retrouvant ainsi le niveau de 2015 après la baisse enregistrée en 2016. De ce fait, un peu plus de mille emplois sont créés en 2017.

L’emploi environnemental par domaine et par type d’activité en 2017
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L’emploi environnemental par domaine et par type d’activité en 2017

(1) Protection et restauration des sols et masses d’eau, y compris agriculture biologique.
Note : étant donné la présence d’arrondis, les montants dans les différents domaines peuvent ne pas être égaux à la somme des sous-domaines.

Source : SDES ; Insee, EAP, Esane, Comptes nationaux base 2014 ; Ademe ; Agence BIO

La valeur ajoutée des éco-activités représente 1,5 % du PIB

En 2017, la valeur ajoutée brute dans l’ensemble des éco-activités est estimée à 31,5 milliards d’euros, soit 1,5 % du produit intérieur brut (PIB). Elle augmente de 4,3 % entre 2016 et 2017 contre 2,6 % dans l’ensemble de l’économie. Après une forte progression entre 2004 et 2012, la valeur ajoutée des éco-activités s’est stabilisée au cours des années suivantes jusqu’au redémarrage de 2017.

La valeur ajoutée progresse de 21 % dans le domaine de la réhabilitation des sols et des masses d’eau, en lien avec le dynamisme de l’agriculture biologique. La valeur ajoutée progresse également plus vite que celle de l’ensemble des branches dans les domaines des eaux usées, de la récupération, de la maîtrise de l’énergie et de la R&D environnementale. La gestion durable de l’eau est le seul domaine en décroissance en 2017. L’emploi est en effet en repli de 10 % relativement à 2016 en raison d’une baisse des ventes de vannes de régulation et des prestations de réparation et d’entretien de robinetterie.

La valeur ajoutée par domaine dans les éco-activités en 2017
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La valeur ajoutée par domaine dans les éco-activités en 2017

(1) Protection et restauration des sols et masses d’eau, y compris agriculture biologique.
Note : du fait d’arrondis, les montants dans les différents domaines peuvent ne pas être égaux à la somme des sous-domaines.

Source : SDES ; Insee, EAP, Esane, Comptes nationaux base 2014 ; Ademe ; Agence BIO

Entre 2004 et 2017, la valeur ajoutée des éco-activités croît en moyenne de 3,4 % par an contre +2,2 % pour l’ensemble des branches. Malgré cette progression plus rapide, les éco-activités ont modestement imprégné l’ensemble de l’économie, leur part passant de 1,3 % en 2004 à 1,5 % en 2017.

Évolution de la valeur ajoutée dans les éco-activités

(p) Données provisoires.

Source : SDES ; Insee, EAP, Esane, Comptes nationaux base 2014 ; Ademe ; Agence BIO

Un excédent commercial de 1,8 milliard d’euros dans les éco-activités

En 2017, le commerce extérieur des éco-activités est marqué par une forte reprise qui profite davantage aux exportations (+14 % par rapport à 2016) qu’aux importations (+10 %). La balance commerciale des éco-activités est excédentaire de 1,8 milliard d’euros. Après une contraction en 2016, le solde commercial s’accroît de près de 500 millions d’euros en 2017, approchant le niveau de 2015. Les exportations issues des éco-activités s’élèvent à 9,2 milliards d’euros, soit 1,3 % du total des exportations françaises. Quant aux importations, leur valeur atteint 7,4 Md€, soit 1 % des importations totales.

Avec une valeur d’exportation supérieure de 2,6 milliards d’euros à celle des importations, la récupération est le domaine qui contribue le plus à l’excédent commercial. Dans la récupération, il dépasse de 600 millions d’euros son niveau en 2016 (2 milliards d’euros). Cela provient d’une forte hausse des montants exportés de matières premières secondaires, davantage liée aux évolutions des cours que des volumes. En effet, si le chiffre d’affaires des matières premières secondaires exportées croît de 26 % en 2017, les tonnages correspondants n’ont augmenté que de 8 %.

Seuls deux autres domaines, la gestion durable de l’eau et les déchets radioactifs ont des valeurs d’exportations supérieures à celles des importations, mais leur contribution à l’excédent commercial reste minime. Pour tous les autres secteurs des éco-activités, le solde commercial est négatif. Cela provient pour une large part de la nature de certaines activités, comme la gestion des déchets, tournées vers les services et peu exportatrices. En revanche, elles peuvent être soumises à des investissements dont la réalisation dépend d’importations. Dans les énergies renouvelables, un déficit commercial de 400 millions d’euros est observé en 2017. Les importations de biodiesel et de cellules solaires dépassent très nettement les exportations respectives. Le déficit commercial dans les énergies renouvelables avait toutefois frôlé les deux milliards d’euros en 2011. Dans le domaine des eaux usées, régulièrement en excédent commercial depuis 2004, un déficit est observé en 2017, même si son ampleur est peu élevée (-43 millions d’euros). Cela provient d’une forte baisse (- 25 %) des exportations d’accessoires de tuyauterie et d’un accroissement marqué des importations de tubes et tuyaux pour l’évacuation des eaux usées.

Le commerce extérieur des éco-activités en 2017

FAB : franco à bord.
Note : étant donné la présence d’arrondis dans les montants d’exportations et d’importations, la balance commerciale peut ne pas être égale à la soustraction des exportations par les importations.

Source : Douanes ; Ademe

Méthodologie

Les éco-activités sont les activités qui produisent des biens ou services ayant pour finalité la protection de l’environnement ou la gestion des ressources. Elles sont exercées pour l’essentiel par des entreprises marchandes, mais aussi par des administrations publiques. Un périmètre de référence a été établi par EUROSTAT afin de permettre les comparaisons internationales.

Les éco-activités sont classées par domaine environnemental. Chaque domaine est défini par les nomenclatures d’activités environnementales. Celles-ci distinguent neuf domaines relevant de la protection de l’environnement (classification CEPA adoptée comme norme internationale en 2002) et sept domaines relevant de la gestion des ressources naturelles (classification CREMA développée par une taskforce d’Eurostat).

Cette fiche s’appuie sur le découpage par domaine de ces deux classifications, mais une troisième catégorie d’activités, les "activités transversales", a été identifiée en plus de celles dédiées à la protection de l’environnement et à la gestion des ressources. Les domaines liés aux services généraux publics, à la R&D environnementale et à l’ingénierie environnementale, qui figurent aussi bien dans la protection de l’environnement que dans la gestion des ressources, ont ainsi été regroupés dans les activités transversales. Les totaux restent inchangés. Pour ces activités multi-domaines, il est particulièrement difficile de différencier ce qui relève de la protection de l’environnement de la gestion des ressources.

Le niveau d’activité des éco-activités reste néanmoins sous-estimé. Le suivi statistique ne comptabilise que partiellement les services d’études et de conseils et certains produits adaptés.

En 2017, l’Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte a lancé un groupe de travail pour réviser le périmètre existant des éco-activités, créé en 2009. Parallèlement, Eurostat a mis en place une taskforce sur les classifications environnementales. Ces travaux ont conduit à un rapprochement avec le périmètre préconisé par Eurostat. Le chiffrage sur le nouveau périmètre sera publié début 2020.

Le domaine de la récupération regroupe principalement les services de récupération de matériaux triés ainsi que la vente de matières premières secondaires. La matière première secondaire désigne un matériau issu du recyclage de déchets et pouvant être utilisé en substitution totale ou partielle de matière première vierge.

Cette fiche restitue des estimations provisoires pour l’année 2017.

De multiples sources ont été utilisées :

  • SDES : Bilan énergétique de la France, comptes de la dépense de protection de l’environnement s’appuyant sur de nombreuses sources dont : enquête Antipol de l’INSEE (enquête annuelle sur les investissements de l’industrie pour protéger l’environnement), DGFiP (Direction générale des Finances publiques), UPDS (Union des professionnels de la dépollution des sites), FNTP (Fédération nationale des travaux publics), ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Certaines de ces sources seront disponibles ultérieurement pour l’année 2017. L’évolution de la production entre 2016 et 2017 est alors estimée sur la base de celle du secteur des comptes nationaux auquel appartient l’activité ;
  • Insee : EAP (enquêtes annuelles de production), ESANE, Comptes nationaux ;
  • Données des Douanes, de l’Agence Bio.
  • Plateforme Environnement de l’enquête de conjoncture sur les ménages réalisée par l’Insee
  • Ademe : étude Marchés et emplois concourant à la transition énergétique et écologique (dernière étude publiée en juin 2019).

Les séries de l’année N sont provisoires en mai N + 2 (publication du Datalab Essentiel), puis définitives en mai N + 3 avec l’introduction des résultats définitifs des enquêtes annuelles de production (EAP), des sources Esane et des comptes de dépenses de protection de l’environnement.

Estimation de l’emploi : à chaque type de biens et de services inclus dans le champ des éco-activités est associée une valeur de la production ou, à défaut, du chiffre d’affaires réalisé au niveau national. L’estimation du nombre d’emplois s’effectue en appliquant un ratio de productivité [production/emploi] tiré des statistiques structurelles d’entreprises ou des comptes nationaux.

Estimation de la valeur ajoutée : à chaque type de biens et de services est associée une valeur de la production ou, à défaut, du chiffre d’affaires réalisé au niveau national.
La valeur ajoutée est estimée en appliquant un ratio [production/valeur ajoutée], tiré des statistiques structurelles d’entreprises ou des comptes nationaux.