Présentation du concept du Donut

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Depuis 1950, la croissance économique a transformé les structures productives et amélioré la vie des individus bien que de façon inégale. Toutefois, si les nouveaux modes de production et les habitudes de consommation, ainsi que les innovations technologiques, sont la source de l’amélioration du bien-être d’une grande partie de la population, cette évolution s’est opérée au détriment de l’environnement : dérèglement climatique, fragilisation des écosystèmes, contamination des sols, épuisement des ressources, etc. Dès lors, la conciliation des enjeux économiques, sociaux et environnementaux est au cœur des sommets internationaux. En 2012, le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro (Rio+20) a été marqué par le lancement d’un processus ayant conduit à définir des objectifs de développement durable englobant élimination de la pauvreté, abandon des modes de consommation et de production non viables en faveur de modes durables, et protection des ressources naturelles et des écosystèmes. Ces enjeux font écho au Concept du Donut (Raworth K., 2012) qui vise à concilier amélioration des conditions de vie et respect de la biosphère.

En quoi consiste le Donut ?

Le Donut (ci-dessous) permet d’illustrer deux frontières à ne pas franchir pour conserver les conditions d’un « bien vivre » : une frontière « intérieure » qui représente les besoins humains de base définis comme « plancher social », et une frontière « extérieure » qui symbolise la préservation de l’environnement comme « plafond environnemental ».

Le « plafond environnemental  » correspond aux limites planétaires telles que définies conceptuellement par J. Rockström (2009), à savoir les neuf limites écologiques qu’il ne faudrait pas dépasser pour préserver la stabilité de la planète : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, les changements d’utilisation des sols, l’acidification des océans, l’utilisation mondiale de l’eau, l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique, l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère, l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère.

Le « plancher social » retient onze nécessités de vie ou « dimensions de vie » distinctes, correspondant aux besoins humains dont personne ne devrait manquer : une alimentation saine et nutritive, l’accès à l’eau potable et à l’hygiène, l’accès aux soins de santé, à une éducation gratuite, à un logement décent, à des services énergétiques adéquats, à des revenus suffisants, à des réseaux de transport et d’information. Ces objectifs doivent être atteints dans le respect de la justice sociale et de la démocratie. Ce plancher social s’appuie sur la Déclaration universelle des droits de l’homme qui établit le droit de chaque individu à la majorité des nécessités de base [1].

Le plancher social a également et nécessairement de fortes interactions avec les 17 objectifs de développement durable (ODD) – et leurs 169 cibles – fixés dans l’Agenda 2030. Ce programme universel de développement durable, adopté en 2015 par les 193 États membres de l’ONU, a pour ambition d’éradiquer la pauvreté et les inégalités en assurant la transition écologique et solidaire à l’horizon 2030. Les ODD couvrent ainsi les enjeux globaux du développement durable tels que le climat, la biodiversité, l’énergie, l’eau, mais également la pauvreté, l’égalité des genres, la prospérité économique ou encore la paix, l’agriculture, l’éducation, la santé, etc.

Entre les deux frontières du Donut, se trouve un espace dit sûr, sur le plan environnemental, et juste, sur le plan social, dans lequel l’humanité peut prospérer et l’activité économique doit s’inscrire. Ainsi, selon Kate Raworth, « le Donut est une boussole qui pointe vers un avenir qui pourrait satisfaire les besoins de chacun, tout en préservant le monde vivant dont nous dépendons tous ». Ainsi formulé, le modèle du Donut se rapproche de la cible du 7ème programme d’action pour l’environnement « Bien vivre, dans les limites de notre planète » de l’Union européenne qui arrive à échéance en 2019.

Notes

[1Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies (1948).