Chômage et population active sur le littoral français en 2016 et son évolution depuis 1999

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En 2016, près de 3,6 millions d’actifs résident sur le littoral français (hors Mayotte). Environ 686 800 personnes âgées de 15 à 64 ans sont au chômage, soit un taux de chômage de 19,2 %. Sur la période 1999-2016, le taux de chômage a globalement baissé avec de fortes disparités territoriales : -6 % sur les littoraux ultramarins et -1,4 % sur le littoral métropolitain. Les plus fortes diminutions concernent les Antilles, La Réunion et le pourtour méditerranéen.

Analyse générale

En 2016, près de 3,6 millions d’actifs résident dans les communes littorales françaises (hors Mayotte). Le taux de chômage des 15-64 ans est de 19,2 %, soit 5 points de plus que la moyenne nationale (14,1 %). Au sein du littoral français, la situation est hétérogène entre le littoral métropolitain et les territoires littoraux ultramarins. Sur les rivages métropolitains, le taux de chômage est de 16,1 % (soit 2 points de plus que la moyenne hexagonale), contre 30,9 % dans les départements ultramarins.

Emploi et chômage dans les communes littorales en 1999 et 2016

Sur le littoral français, entre 1999 et 2016, le taux de chômage a baissé, malgré une reprise à la hausse observée depuis 2009. La diminution est de 6 points pour les littoraux ultramarins et de 1,4 point pour le littoral métropolitain. Les plus fortes baisses sont enregistrées pour les Antilles, La Réunion et le pourtour méditerranéen.

Sur la même période, le taux du chômage a augmenté de +0,8 point sur le territoire hexagonal (12,9 % en 1999 contre 13,6 % en 2016) et de +0,6 point en France entière (hors Mayotte).

Évolution du taux de chômage en France

Dans les communes de l’arrière-pays métropolitain (communes non littorales des cantons littoraux), le taux de chômage des 15-64 ans en 2016 est de 12,4 %, soit 4 points de moins que celui des communes littorales et 1,7 point en dessous de la moyenne hexagonale.

Analyse sur le littoral métropolitain

En 2016, près de 2,8 millions d’actifs résident dans les communes littorales en métropole, soit 42,4 % de la population totale de ces communes. Avec près de 455 200 personnes au chômage, le taux de chômage des 15-64 ans atteint 16,1 %, soit 2,5 points de plus que la moyenne métropolitaine (13,6 %).

Le taux de chômage présente de fortes disparités entre les façades maritimes. Avec un taux de 18,5 %, la façade Manche Est - Mer du Nord a le taux de chômage le plus élevé des 4 façades maritimes contre 14,1 % pour la façade Nord Atlantique.

De 1999 à 2016, sur l’ensemble du littoral métropolitain, le taux de chômage a diminué de 1,4 point, malgré la reprise à la hausse observée depuis 2009. Sur cette période, le taux de chômage diminue de 3,2 points sur le pourtour méditerranéen, stagne en Manche Est - mer du Nord, et augmente sur les façades Nord Atlantique - Manche Ouest (+0,9 point) et Sud Atlantique (+0,4 point).

Évolution du taux de chômage sur le littoral métropolitain

Analyse sur le littoral ultramarin

Dans les communes littorales des départements ultramarins (hors Mayotte), environ 231 600 actifs âgés de 15 à 64 ans sont au chômage, soit 30,9 % de la population active. La déclinaison par département s’établit comme suit : environ 33 % à La Réunion, près de 25 % en Martinique et 30 % en Guadeloupe et Guyane.

Sur la période 1999-2016, à l’exception de la Guyane où le taux de chômage augmente de 1,6 point, cet indicateur diminue dans les autres départements ultramarins : -8,1 points en Martinique, -7 points à La Réunion et -6,4 points en Guadeloupe.

Évolution du taux de chômage sur le littoral ultramarin

Détail par façade maritime en 2016

Façade Manche Est - Mer du Nord

Environ 430 500 actifs résident dans les communes littorales de la façade Manche Est - Mer du Nord, soit 13,5 % des actifs résidant dans une commune littorale de métropole. Ces actifs représentent 43 % de la population habitant sur cette façade. Avec 79 700 actifs âgés de 15 à 64 ans au chômage, le taux de chômage pour cette façade avoisine 18,5 %, soit le taux le plus élevé des quatre façades maritimes métropolitaines, (moyenne littorale métropolitaine : 16,1 %).

Ce taux présente toutefois de fortes disparités territoriales. Les départements les plus affectés sont le Pas-de-Calais (22,9 %), le Nord (20,7 %) et la Seine-Maritime (19,4 %). Le taux de chômage diminue considérablement à l’Ouest de la façade (13,4 % dans la Manche, 13,8 % dans le Calvados et 11,8 % dans l’Eure).

Pour cette façade, 19 des 245 communes littorales ont un taux de chômage supérieur à 20 %. La plupart de ces communes sont urbaines : Dunkerque, Grande-Synthe, Grand-Fort-Philippe, Berck, Boulogne-sur-Mer, Calais, Étaples, Le Portel, Dieppe, Fécamp, Gonfreville-l’Orcher, Le Havre, Le Tréport et sa commune voisine Mers-les-Bains. Deux sont périurbaines (Quillebeuf-sur-Seine et Équihen-Plage) et 3 sont rurales (Ault, Cayeux-sur-Mer et Quend).

Taux de chômage en 2016 dans les communes littorales par départements littoraux
Taux de chômage en 2016 dans les communes littorales par départements littoraux
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Taux de chômage en 2016 dans les communes littorales par départements littoraux

Façade Nord Atlantique - Manche Ouest

Près de 695 000 actifs résident dans les communes littorales de la façade maritime Nord Atlantique - Manche Ouest, soit 41,8 % de la population habitant sur ce territoire. Les grands pôles d’actifs y sont peu nombreux. Avec 64 800 actifs, la commune de Brest regroupe près de 9,3 % des actifs de cette façade. Les communes de Saint-Nazaire, Lorient, Vannes, Quimper, Saint-Brieuc, Saint-Malo regroupent chacune entre 3 et 5 % de la population active de la façade.

Le taux de chômage des actifs âgés de 15 à 64 ans atteint 14,1 % avec près de 97 900 personnes dans cette situation. Il s’agit du taux de chômage le plus bas des quatre façades maritimes. Ce taux varie peu le long de cette façade : au Nord, il avoisine 13 % (littoral de l’Ille-et-Vilaine et les Côtes-d’Armor) contre 15 % dans le Sud (en Vendée).

Parmi les 333 communes littorales de cette façade, cinq ont un taux de chômage supérieur à 20 % : Pontrieux, Morlaix, Damgan, Gâvres, Angles et La-Tranche-sur-Mer. Il est à noter que pour l’ensemble de la façade, le taux de chômage est plus élevé dans les pôles urbains (15,2 % en moyenne) contre 10,9 % pour les couronnes périurbaines et 12,8 % pour les communes littorales rurales.

Façade Sud Atlantique

Environ 302 700 actifs résident sur l’ensemble des communes littorales de la façade Sud Atlantique, soit 42,1 % de la population totale de ce territoire. Comme pour la façade Nord Atlantique - Manche Ouest, ce territoire comprend peu de grands pôles d’actifs. La commune de La Rochelle se démarque avec un peu plus de 31 900 actifs. Suivent les communes de Bayonne (23 800), d’Anglet (16 900), La Teste-de-Buch (11 500), Rochefort (10 300), Biarritz (9 400) et Gujan-Mestras (9 000). Ces sept communes regroupent un tiers des actifs résidant sur cette façade.

En 2016, environ 47 500 actifs âgés de 15 à 64 ans sont au chômage dans les communes littorales de la façade Sud Atlantique, soit un taux de 15,7 %. Au sein de cette façade, ce taux est plus élevé en Charente-Maritime (17,3 %) que dans les Pyrénées-Atlantiques (14,4 %).

Parmi les 137 communes littorales constituant cette façade, 15 ont un taux de chômage supérieur à 20 %. La plupart d’entre elles sont rurales (Mortagne-sur-Gironde, Saint-Denis-d’Oléron, Saint-Georges-d’Oléron, La-Brée-les-Bains, Talais, Le Verdon-sur-Mer, Moliest-et-Maa et Vieux-Boucau-les-Bains), un tiers sont urbaines (Rochefort, La Rochelle, Saint-Georges-de-Didonne, Blaye et Capbreton) et deux sont périurbaines (Barzan et Talmont-sur-Gironde).

Si pour les pôles urbains et les communes littorales rurales, le taux de chômage est homogène (respectivement 16,2 % et 16,4 %), il est en revanche 3 points plus faible dans les couronnes périurbaines (13,3 %).

Façade Méditerranée

Environ 1,4 million d’actifs résident dans les communes littorales méditerranéennes, soit 42,6 % de la population habitant sur le pourtour méditerranéen. Marseille, le plus grand pôle d’actifs de la façade, regroupe 362 700 actifs, suivie par Nice et Toulon avec respectivement 147 900 et 71 500 actifs. Ces trois villes regroupent 41,9 % des actifs de la façade méditerranéenne.

En 2016, sur la façade Méditerranée, le nombre d’actifs âgés de 15 à 64 ans en situation de chômage est de 230 100, soit un taux de 16,5 %. Ce taux est plus élevé dans les départements littoraux de la région Occitanie que sur le littoral de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ou en Corse. Il atteint un maximum dans les départements de l’Aude et des Pyrénées-Orientales (21,8 %) contre 13,2 % en Corse.

Sur les 217 communes littorales de la façade Méditerranée, 42 ont un taux de chômage supérieur à 20 % (14 pôles urbains, 11 couronnes périurbaines et 17 communes littorales rurales). Globalement, le taux de chômage varie très peu entre les pôles urbains (16,9 %), les couronnes périurbaines (16 %) et les communes littorales rurales (17,2 %) de cette façade.

Analyse croisée de l’évolution de la population active et de la population au chômage entre 1999 et 2016

Le littoral de Manche Est - Mer du Nord se démarque des autres littoraux. Le taux de chômage des 15-64 ans y varie peu sur la période 1999-2016 et la population active est stable.

Pour une partie du littoral Méditerrané (Corse, Occitanie et dans les Alpes-Maritimes), mais également, en Guyane, La Réunion, la Loire-Atlantique et les Pyrénées-Atlantiques et la Gironde, la population active augmente de même que le nombre de chômeurs. À l’exception de la Guyane, dans ces territoires, l’augmentation du nombre de chômeurs est plus faible que celle de la population active. Le taux de chômage diminue sur la période entre 1999 et 2016.

Pour les communes littorales de 3 départements bretons (Côtes-d’Armor, Finistère et Morbihan) et la Vendée, le nombre de chômeurs croit davantage que la population active. De fait, le taux de chômage y augmente.

Dans le Var, les Bouches-du-Rhône et en Guadeloupe, la population active augmente et le nombre de chômeurs diminue. Les taux de chômage y demeurent cependant élevés en 2016.

Évolution croisée des nombres de chômeurs et d’actifs dans les communes littorales par départements littoraux sur la période 1999-2016
Évolution croisée des nombres de chômeurs et d’actifs dans les communes littorales par départements littoraux sur la période 1999-2016
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Évolution croisée des nombres de chômeurs et d’actifs dans les communes littorales par départements littoraux sur la période 1999-2016

Méthodologie

Cette étude mobilise l’indicateur taux de chômage, au sens du recensement de la population (RP) de l’Insee, sur les périodes 1999, 2006, 2011 et 2016. L’analyse porte sur l’ensemble des communes littorales françaises (hors Mayotte) prises en compte par la loi « Littoral » et selon le découpage géographique de 2019 (932 communes en métropole et 90 dans les DOMs).

La population active prise en compte correspond uniquement à la tranche d’âge entre 15 et 64 ans. La population totale correspond à la population résidente issue du RP 2016.

Au sens du recensement de la population de l’Insee,

  • la population au chômage comprend les personnes qui déclarent être chômeurs à la recherche d’un emploi ;
  • la population active comprend les personnes qui déclarent :
    ◦ exercer une profession, salariée ou non, même à temps partiel ;
    ◦ aider un membre de la famille dans son travail même sans rémunération ;
    ◦ être apprenti, stagiaire rémunéré … ;
    ◦ être militaire du contingent tant que cette situation existait ;
    ◦ être chômeur à la recherche d’un emploi.

Le taux de chômage établi le rapport du nombre de chômeurs sur la population active résidant dans la commune mais ne travaillant pas forcément dans celle-ci.

Auteur : Service des données et études statistiques (SDES).

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