État chimique des eaux littorales en 2015, selon la Directive Cadre sur l’eau

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L’évaluation de l’état des eaux littorales (masses d’eau côtières et de transition) au sens de la Directive Cadre sur l’eau (DCE) comprend deux aspects : l’état écologique et l’état chimique. L’état chimique prend en compte 41 substances prioritaires et se décline en 3 classes : bon, mauvais et inconnu.

Panorama Général

La directive cadre sur l’eau (DCE) définit deux types de masses d’eau littorales : les masses d’eau côtières et les masses d’eau de transition.

En 2015, 65 % des 273 masses d’eau littorales sont en bon état chimique : 73 % des 179 masses d’eau côtières et 51 % des 94 masses d’eau de transition.

La part de masses d’eau littorales en mauvais état chimique est de 20 %. Cela concerne 16 masses d’eau côtières (soit 9 %) et 38 masses d’eau de transition (soit 40 %). La plupart de ces masses d’eau sont situées dans les districts : Seine et cours d’eau côtiers normands, Rhône et cours d’eau côtiers méditerranées et cours d’eau de la Corse.

Une quarantaine de masses d’eau littorales (15 %) sont en état chimique inconnu (ou information insuffisante pour attribuer un état). Les eaux côtières en état inconnu se situent principalement à la Réunion et en Martinique. Les masses d’eaux de transition dans cette situation sont présentes en Adour-Garonne, Guyane, Martinique et Seine et cours d’eau côtiers normands.

État chimique des masses d’eau côtières en 2015
État chimique des masses d’eau de transition en 2015

Analyse générale

En 2015, 73 % des eaux côtières sont en bon état chimique. C’est 20 points de pourcentage de plus que pour les masses d’eau de transition, pour lesquelles une masse d’eau sur deux est dans ce cas. Pour l’ensemble des masses d’eau de surface (11 414), toutes catégories d’eau confondues (rivières, plans d’eau, lagunes, estuaires et mers côtières), la part en bon état chimique est de 63 %.

À l’inverse, seuls 9 % des eaux côtières sont en mauvais état chimique, tandis que plus de 40 % des eaux de transition sont dans ce cas, soit 4,5 fois plus que les eaux côtières. Pour l’ensemble des eaux de surface, la part de masses d’eau en mauvais état est de 16 %.

Enfin, 15 % masses d’eau littorales sont en état chimique inconnu (information insuffisante pour attribuer un état). Le nombre de masses d’eau dans cet état a nettement baissé entre les deux dernières évaluations de l’état (état des lieux 2013 et évaluation de 2015) en passant de 26 à 18 % pour les eaux côtières et de 12 à 9% pour les eaux de transition. Cette diminution s’explique notamment par l’amélioration des connaissances et l’acquisition de données de concentration des substances polluantes mesurées (amélioration des techniques d’analyse).

État chimique des masses d’eau de surface en 2015

Analyse détaillée par district hydrographique

La directive cadre sur l’eau préconise de travailler à l’échelle des "districts hydrographiques". Au total, 14 districts hydrographiques sont établis en France : 9 en métropole et 5 pour l’outre-mer, un par département ultramarin. En métropole, seuls 6 districts présentent une façade sur le littoral.

Les masses d’eau côtières

L’état chimique des masses d’eau varie d’un district à l’autre.

Pour les masses d’eau dont l’état a pu être évalué, la part des eaux côtières en bon état chimique est toujours supérieure à celle des eaux en mauvais état. Ainsi, toutes les eaux côtières des districts de l’Escaut (5), de la Loire (39), d’Adour-Garonne (10), de Mayotte (17) et Guyane (1), soit une part importante des côtes françaises, sont en bon état chimique.

Seize masses d’eau côtières sont en mauvais état chimique. Il s’agit de :

  • cinq masses d’eau dans le district Méditerranée continentale : Frontignan - Pointe de l’Espiguette, golfe de Fos, petite Rade de Marseille, Rade de Villefranche et Monte Carlo- Frontière italienne dans les Alpes-Maritimes ;
  • cinq masses d’eau dans le district de la Seine : Côte du Bessin en Normandie, Côte fleurie, Le Havre-Antifer, Pays de Caux sud et Pays de Caux nord ;
  • deux masses d’eau en Corse : Cap est de la Corse et littoral sud-ouest de la Corse ;
  • quatre en Guadeloupe : Petit Cul de sac, Pointe du vieux fort-Sainte Marie, Port Louis-Pointe Madame (Grand Cul de Sac marin) et Saint Martin (partie française).

Les masses d’eau côtières en état inconnu se situent principalement en outre-mer : Martinique et La Réunion.

État chimique des masses d’eau côtières par district hydrographique en 2015

Les masses d’eau de transition

Globalement, la situation des masses d’eau de transition est moins bonne que celle des eaux côtières.

En métropole, la part des masses d’eau de transition en mauvais état chimique est supérieure à celle des eaux en bon état pour les districts de la Seine (75 %), la Méditerranée continentale (59 %) et pour l’ensemble des masses d’eau en Corse.

Au contraire, 75 % ou plus des masses d’eau des districts de la Loire et d’Escaut sont en bon état chimique.

Parmi les 94 masses d’eau de transition, 38 sont en mauvais état chimique (soit 40 %). À savoir :

  • le port de Dunkerque (district de l’Escaut) ;
  • l’estuaire de la Gironde (district d’Adour-Garonne) ;
  • seize masses d’eau en Méditerranée continentale : étang de Canet, étang de Salses-Leucate, étang de la Palme, étangs de Bages-Sigean et Campignol dans le complexe des étangs du Narbonnais, étang de Vendres, étang de Thau, étang de l’Or, étangs palavasiens est et ouest, petite Camargue Marette, Camargue Complexe Vaccarès, étangs de la Palissadeet Etangs de Berre (grand Etang, Vaïne et Bolmon) ;
  • quatre lagunes en Corse : étang de Biguglia, étangs de Diana et Urbino dans la plaine orientale et étang de Palu ;
  • cinq masses d’eau dans le district de la Loire : Aber Benoît, Aulne et Elorn (dans la rade de Brest), Goyen (au sud du Cap Sizun) et Loire ;
  • six masses d’eau dans le district de la Seine : estuaire de Seine amont, moyen et aval, fond des baie du mont Saint Michel et des Veys, la Risle du confluent de la Borbie au confluent de la Seine ;
  • cinq estuaires de Guyane : Maroni, Kourou, Cayenne, Mahury et Approuague.

Les masses d’eau de transition en état inconnu se situent en Adour-Garonne, Guyane, Martinique et Seine.

État chimique des masses d’eau de transition par district hydrographique en 2015

Causes de la non atteinte du bon état chimique des masses d’eau littorales

L’évaluation de l’état chimique d’une masse d’eau repose sur la comparaison entre :

  • les mesures de la concentration de substances/familles de substances chimiques au sein de la masse d’eau et ;
  • les concentrations seuils déterminées dans l’eau ou le biote (normes de qualité environnementale (NQE)).

Ainsi, une masse d’eau est considérée en mauvais état si la concentration d’au moins une substance dépasse la norme de qualité environnementale.

Au total, 41 substances/familles de substances prioritaires sont suivies dont : 4 en restriction d’usage, 13 interdites, et 3 sans usage en France.

Parmi les substances surveillées se trouvent :

  • des métaux lourds et leurs composés (cadmium, plomb, mercure, nickel) ;
  • des pesticides : herbicides (alachlore, atrazine, simazine, diuron, isoproturon, trifluraline), insecticides (chlorpyriphos, chlorvenfinphos, endosulfane, pesticides organochlorés : aldrine, dieldrine, endrine, isodrine), fongicide (pentachlorobenzene) ;
  • des substances ubiquistes : hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), composés du tributylétain, polybromodiphényléthers (PBDE) ;
  • d’autres polluants : dichlorodiphényletrichloroéthane (DDT) et dérivés, alkylphénols, dioxines, di(2-ethyylhexyle)-phtalate (DEHP)…

Parmi les 41 substances/familles de substances prioritaires surveillées, 14 sont la cause de la non atteinte du bon état chimique des eaux littorales.

Pour les masses d’eau côtières, les principaux polluants étant à l’origine du déclassement des masses d’eau sont : le tributylétain cation (les tributylétains sont des biocides largement utilisés dans les peintures antisalissure sur les coques de bateaux dans les années 70 et interdits d’application sur les navires depuis 2003.) l’hexachlorocyclohexane et l’endosulfan.

Les principales substances déclassant les eaux de transition sont : l’hexachlorocyclohexane, les pesticides organochlorés (aldrine, dieldrine, endrine, isodrine) l’endosulfan et la somme des HAP Benzo (g,h,i)-perylène et Indeno(1,2,3-cd)-pyrène.

D’autres polluants tels que : métaux lourds (mercure, cadmium), alkylphénols (nonylphénol et octylphénol), HAP (Benzo(a)pyrène, fluoranthène, Benzo(b)fluoranthène et Benzo(k)fluoranthène), DEHP et diuron sont également à l’origine du déclassement des masses d’eau littorales.

Pour les eaux de surface, toutes catégories d’eau confondues, le paramètre le plus déclassant est la somme des HAP Benzo (g,h,i)-perylène et Indeno(1,2,3-cd)-pyrène (substances ubiquistes issues des processus de combustion). Ils sont la cause de la non atteinte du bon état chimique pour 80 % des 1 814 masses d’eau de surface en mauvais état chimique.

Substances polluantes responsables de la non atteinte du bon état chimique des masses d’eau littorales en 2015

Récapitulatif de l’état chimique des masses d’eau littorales dans les différents territoires français, en 2015

État chimique des masses d’eau côtière en 2015

État chimique des masses d'eau côtière en 2015
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État chimique des masses d’eau côtière en 2015

Consulter les données de la carte en ligne : http://www.cartograph.eaufrance.fr/donnees/203569/2015

État chimique des masses d’eau de transition en 2015

État chimique des masses d'eau côtière en 2015
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État chimique des masses d’eau côtière en 2015

Consulter les données de la carte en ligne : http://www.cartograph.eaufrance.fr/donnees/203568/2015

Auteurs : Service de l’Observation et des Statistiques (SDES), Agence française pour la biodiversité (AFB).