Qualité des eaux de baignade en mer en 2018, évolution depuis 2013

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En 2018, 2 062 sites de baignade en mer sont recensés en métropole et en outre-mer, soit 14 % de l’ensemble des zones de baignade en mer en Europe. Près de 80 % des sites de baignade sont d’excellente qualité. 98 % des sites ont au-moins une qualité suffisante, contre 97 % pour la moyenne européenne.
Entre 2013 et 2018, la qualité des eaux de baignade s’est légèrement améliorée. Ainsi, pour l’ensemble des sites contrôlés et classés, la proportion en qualité « excellente » est passée de 78 à 81 % et celle en qualité « insuffisante » a diminué en passant de 2,9 à 1,4 %.

Analyse générale

En 2018, 2 062 sites de baignade en mer sont recensés en métropole et dans les cinq départements d’outre-mer. Parmi eux, 2056 ont fait l’objet d’un contrôle sanitaire.

Sur l’ensemble de 2056 sites contrôlés, 80,4 % d’entre eux sont en qualité « excellente », 14,9 % en qualité « bonne », 3,0 % en qualité « suffisante », 1,4 % en qualité « insuffisante » et 0,3 % sont regroupés dans la catégorie « non classée » qui intègre les nouvelles zones de baignade, les zones de changement de qualité et les zones où il y a eu un déficit de surveillance.

Répartition de la qualité des eaux de baignade en mer en métropole et dans les départements d’outre-mer en 2018

Au niveau européen, l’objectif est d’avoir 100 % des sites de baignade classés comme étant au moins de qualité « suffisante ». En France, ce critère de qualité est atteint pour 98 % des sites de baignade contrôlés en mer, contre 97 % pour la moyenne européenne.

Analyse par territoires

Sites de baignade de qualité au-moins « suffisante »

Pour l’ensemble des sites contrôlés et classés, la répartition des niveaux de qualité des eaux de baignade en mer varie nettement d’un territoire à l’autre.

À La Réunion et en Occitanie, plus de 95 % des eaux de baignade sont en excellente qualité tandis qu’en Guyane, aucun site de baignade n’est dans cette classe.

Une nette opposition nord / sud est observée en métropole. Côté façade Manche est - mer du Nord, la part des eaux de baignade en mer en qualité « excellente » est plus faible que pour le reste du territoire. Elle est de 26 % dans les Hauts-de-France et de 61 % en Normandie. Tandis que, pour les façades Sud-Atlantique et Méditerranée, plus de 84 % des leurs sites de baignade (Nouvelle Aquitaine 85 %, Provence – Alpes – Côte d’Azur 84 %, Corse 92 %) sont en excellente qualité. Pour les départements insulaires ultramarins, cette part varie de 38 % à Mayotte à 82 % en Guadeloupe.

En Occitanie, Martinique, La Réunion et Mayotte, 100 % de sites de baignade en mer sont en qualité au moins suffisante. Pour les autres territoires et à l’exception de la Guyane, cette part varie entre 96 et 99 %.

Sites de baignade de qualité « insuffisante »

En 2018, 28 sites sont classés en qualité « insuffisante » pour la baignade en mer : 20 en métropole et 8 en outre-mer.

En métropole, plus de la moitié de ces sites sont localisés en Bretagne (4 sites) et en Provence–Alpes- Côte d’Azur (8 sites). En outre-mer, les zones de baignade dans cette situation sont situées principalement en Guyane (6 sites).

Un site en qualité insuffisant en fin de saison balnéaire sera interdit à la baignade ou aura un avis déconseillant la baignade à la saison suivante sauf, si des mesures curatives ont été mises en place afin d’éviter, réduire ou éliminer les sources de pollution.

Si le site est classé « insuffisant » pendant cinq années consécutives, une interdiction permanente de baignade ou une recommandation déconseillant de façon permanente la baignade sera introduite

Parmi les causes de ces déclassements figure toujours la présence de bactéries fécales dans les eaux, principal critère suivi pour la baignade. Les non-conformités peuvent résulter d’un mauvais fonctionnement de la collecte et du traitement des eaux usées, de déversements des eaux usées lors de très fortes précipitations, du ruissellement des eaux sur les bassins versants littoraux (zones urbaines et territoires agricoles avec de fortes concentrations d’élevage), des rejets ponctuels ou diffus de type industriel ou artisanal, des rejets en provenance des ports de plaisance ou de pêche ou des zones de mouillage.

Recensement et classement des sites de baignade en mer dans les différents territoires français
Qualité des eaux de baignade en mer dans les différents territoires françaises selon les classes « excellente », « bonne », « suffisante » et « insuffisante »

Évolution entre 2013 et 2018

Depuis l’entrée en vigueur de la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (1998) et des nouvelles normes de mesure de la qualité des eaux de baignade (2013), la qualité des eaux de baignade en mer s’améliore. Ainsi, pour l’ensemble des sites contrôlés et classés entre 2013 et 2018, il apparaît que :

  • le nombre des sites contrôlés et classés a augmenté en passant de 2034 en 2013 à 2056 en 2018 ;
  • la proportion des sites ayant une qualité « excellente » a augmenté de 3 points de pourcentage en passant de 78 à 81 % ;
  • la part de sites en qualité « insuffisante » a régressé d’un point et demi avec un passage de 2,9 à 1,4 % ;
  • celle des sites en qualité au-moins « suffisante » est passée de 97 à 99 %.
Évolution de la qualité des eaux de baignade en mer entre 2013 et 2018 selon les classes de qualité (excellente, bonne, suffisante et insuffisante)
Classement des sites de baignade en mer en 2018
Classement des sites de baignade en mer en 2018
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Classement des sites de baignade en mer en 2018

Source : Ministère des Solidarités et de la Santé. Données de rapportage de la saison balnéaire 2018

Traitement : CGDD/SDES

Méthodologie

La mesure de la qualité des eaux de baignade a été rendue obligatoire par la directive européenne n°76/160/CEE, dans un premier temps, puis par la directive 2006/7/CE du 15 février 2006 relative à la gestion de la qualité des eaux de baignade.

En France, la qualité des eaux de baignade fait l’objet d’un contrôle sanitaire organisé par les Agences régionales de santé et mis en œuvre par les communes ou les communautés de communes. Ce contrôle porte sur l’ensemble des zones :

  • où la baignade est habituellement pratiquée par un nombre important de baigneurs, qu’elles soient aménagées ou non, en eau douce ou de mer,
  • et qui n’ont pas fait l’objet d’une interdiction portée à la connaissance du public.

La méthode prévue par la directive 2006/7/CE pour évaluer la qualité des eaux de baignade est entrée en vigueur en 2013. Quatre classes de qualité sont attribuées aux eaux de baignade : « insuffisante », « suffisante », « bonne » ou « excellente », en fonction des résultats des analyses obtenues pendant les 4 dernières saisons. Le classement se fait en fonction de valeurs seuils fixées par la directive pour les paramètres Escherichia Coli (E. coli) et entérocoques intestinaux, leur présence dans l’eau pouvant indiquer une contamination d’origine fécale et la présence de germes pathogènes.

L’attribution d’un classement d’une zone de baignade est faite à partir d’un minimum de 16 prélèvements utilisables. Outre les 4 niveaux de qualité décrits précédemment, une zone de baignade peut également être catégorisée en :

  • « Nouvelle zone de baignade » : nouveau site pour lequel moins de 16 prélèvements ont été réalisés ;
  • « Zones de changements de qualité » : site dont la qualité de l’eau s’est améliorée suite à la réalisation de travaux, les prélèvements réalisés avant ces travaux ne sont alors plus pris en compte dans le calcul du classement ;
  • « Insuffisamment de prélèvements » : site pour lequel les règles d’échantillonnage n’ont pas été respectées (nombre de prélèvements insuffisant, pas de prélèvement pré-saison ou écart entre deux prélèvements consécutifs supérieur à un mois).

En complément du suivi d’E. coli et entérocoques intestinaux, un contrôle de pollution visuel est réalisé afin de détecter la présence des déchets (résidus goudronneux, verres, plastiques, caoutchoucs…).

D’autres paramètres peuvent être suivis : pH, transparence, cyanobactéries, macroalgues et/ou phytoplancton, etc. La détermination des paramètres à surveiller dépendra des conclusions de l’étude de vulnérabilité du site ou « profil des eaux de baignade ».

Le profil permet de :

  • Identifier les facteurs pouvant conduire à une contamination de l’eau et qui peuvent induire à un risque pour la santé des baigneurs ;
  • Définir les actions pour prévenir les pollutions et améliorer la qualité des eaux.

Selon la directive 2006/7/CE, le profil devait être élaboré avant mars 2011 et doit être réexaminé régulièrement.

Auteurs : Service de l’Observation et des Statistiques (SDES), Ministère des Solidarités et de la Santé/Bureau de la qualité des eaux.

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