La mobilité des côtes françaises en 2018

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À la rencontre entre la terre et la mer, les communes littorales sont confrontées à des aléas naturels terrestres (crues torrentielles et feux de forêt en zone méditerranéenne, retrait/gonflement des argiles en Centre Atlantique…) et maritimes (submersion et l’érosion marines).
Le littoral est un territoire à risques. Il est donc important de caractériser les risques naturels dans ces communes : connaissance des aléas, caractérisation des évènements naturels majeurs et évaluation de la vulnérabilité des enjeux.

Panorama général

En métropole comme en outre-mer, le recul du littoral peut constituer un risque plus ou moins important selon les territoires. Selon l’indicateur national de l’érosion côtière (CEREMA, MTES, 2018) ce phénomène affecte environ 20 % des profils étudiés sur les côtes naturelles. À l’inverse, près de 12 % des profils s’engraissent et avancent en mer. Pour les 70 % restants, il n’est pas noté de mobilité perceptible sur la période étudiée, soit au moins les 50 dernières années.

Selon sa nature, le littoral réagit différemment :

  • Plus d’un tiers (37 %) des profils en côtes sableuses reculent. Cette catégorie de côtes regroupe plus des trois quarts des profils en érosion et la quasi-totalité des profils ayant les plus forts niveaux de recul (plus de 1,5 m/an).
  • Les côtes vaseuses (vasières, estuaires et marais maritimes), qui ne représentent que 5 % des côtes, progressent en mer dans 28 % des cas, surtout dans les estuaires et les baies, 62 % de leurs profils étant stables.
  • Les littoraux rocheux représentent plus de la moitié des profils étudiés, 54 %. Ils sont plutôt stables et peu attaqués par la mer. Pour plus de 90 % des profils concernés, on ne note pas de mobilité perceptible sur la période étudiée. 6 % reculent, principalement des falaises de craie ou de calcaire.

La part des profils étudiés en recul varie nettement d’une façade maritime à l’autre. Plus de la moitié des profils de Sud Atlantique reculent contre seulement 8 % en Nord Atlantique - Manche Ouest. Ce taux est de 37 % en Manche Est - mer du Nord, 18 % en Méditerranée et 14 % en outre-mer. Dans le détail, plus de la moitié des profils sont en recul sur les littoraux sableux de Gironde et de Charente-Maritime, du Gard et de l’Hérault, ainsi que sur la Côte d’Albâtre et dans les Pyrénées-Atlantiques (46 %).

La mobilité des côtes françaises en 2018

Analyse générale

L’indicateur national de l’érosion côtière (Cerema, MTES, 2018) détermine l’évolution du trait de côte sur une période d’au moins 50 ans selon des profils espacé de 200 m le long du littoral.

Près d’un profil calculé sur cinq est en recul sur les côtes naturelles de métropole et d’outre-mer, la Guyane ayant une dynamique côtière spécifique n’est pas prise en compte. À l’inverse, environ 12 % des profils montrent une avancée des terres vers la mer. Enfin, 70 % ne présentent pas de mobilité perceptible et sont considérés comme stables.

La mobilité des côtes françaises

Sur l’emprise étudiée, les côtes rocheuses regroupent plus de la moitié des profils en côtes naturelles (54 %), les côtes sableuses un peu plus de 40 % et les côtes vaseuses seulement 5 %, surtout dans les baies et les estuaires.

Les côtes rocheuses, falaises et roches basses, sont généralement résistantes aux attaques de la mer. Plus de 90 % de leurs profils sont stables sur la période étudiée. Seulement 6 % d’entre eux reculent de manière modérée. Ce sont surtout des roches sédimentaires, dont les falaises calcaires et crayeuses, qui subissent cette érosion.

Seulement 40% des côtes sableuses ne montrent pas d’évolution perceptible, cette catégorie de côtes étant fortement mobile. Ainsi, avec plus d’un tiers de leurs profils (37 %), les côtes sableuses représentent 80 % des profils étudiés en recul, et la quasi totalité des profils reculant de plus de 1,5 m/an sur la période étudiée. Par ailleurs, près d’un quart de leur profil avance.

62 % des profils en côtes vaseuses sont stables. 28 % de leurs profils avancent. C’est le taux le plus élevé, ces côtes étant propices à la sédimentation.

La mobilité des différents types de côtes en France
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La mobilité des différents types de côtes en France

Source : Cerema, MTES, 2018

Analyse géographique de l’érosion côtière

La part des profils étudiés en recul varie nettement d’une façade maritime à l’autre.
Plus de la moitié des profils de Sud Atlantique reculent contre seulement 8 % en Nord Atlantique - Manche Ouest. Cette proportion est de 37 % en Manche Est - mer du Nord, 18 % en Méditerranée et 14 % en outre-mer.

La part des profils en recul est élevée sur les littoraux des Hauts-de-France, de Normandie et d’Occitanie. Elle est en revanche plus faible en Bretagne, en Corse, en Martinique et à Mayotte, où dominent les côtes rocheuses.

Les côtes présentant une part importante de leurs profils en avancée sont surtout situées dans les Hauts-de-France (nombreuses baies), en Occitanie et en Sud Atlantique. Ces trois façades comprennent peu de profils stables, moins d’un quart des profils étudiés.

La mobilité des côtes par façade maritime

Dans le détail

On note une nette opposition entre des littoraux très mobiles et d’autres où très peu de profils reculent ou avancent.

Plus de 70 % des profils calculés sont mobiles dans les trois départements des Hauts-de-France, en Sud Atlantique (hors Pyrénées-Atlantiques) et dans le Languedoc. À l’inverse, plus de 70 % des profils sont stables dans les quatre départements bretons et en Loire-Atlantique en continuité, à Mayotte, dans les Antilles, dans le Var et en Corse.

Plus de la moitié des profils son en recul sur les littoraux sableux de Gironde et de Charente-Maritime, du Gard et de l’Hérault, ainsi que sur la Côte d’Albâtre et dans les Pyrénées-Atlantiques (46 %). À l’inverse plus de la moitié des profils des Landes, du Nord et de l’Aude avancent en mer.

La mobilité du trait de côte par façade littorale départementale
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La mobilité du trait de côte par façade littorale départementale

Source : Cerema, MTES, 2018

En savoir plus : les terres littorales perdues

En extrapolant les reculs calculés pour chaque profil aux portions de littoraux entre chacun d’entre eux, le Cerema a estimé la surface terrestre perdue sur un pas de temps de 50 ans.

Environ 30 km2 de terres ont été perdues sur cette période, soit l’équivalent d’un terrain de football tous les 4 à 5 jours. Comme le montre le graphique, les départements de Charente-Maritime, de Gironde et des Bouches-du-Rhône (Camargue) se détachent nettement et représentent à eux seuls, plus de la moitié des surfaces perdues.

Estimation des surfaces perdues en 50 ans sur les secteurs littoraux en recul, par département

La mobilité en détail

Dans le détail, les plus fortes valeurs de recul se concentrent dans les baies des Hauts-de-France, dans les havres du Cotentin, en baie d’Audierne, sur la côte ouest d’Oléron, sur la Côte sauvage et en estuaire de Gironde, dans le nord du Médoc, autour du bassin d’Arcachon et en Camargue.

À l’inverse, les plus fortes avancées sont localisées en plaine de Flandres, dans les trois estuaires du Pas-de-Calais et de la Somme, en baie des Veys, au sud de l’estuaire de la Loire et de Noirmoutier, dans le pertuis breton, dans le nord des Landes, sur le littoral audois et sur les côtes orientées nord-sud de Camargue.

La mobilité des côtes métropolitaines en détail
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La mobilité des côtes métropolitaines en détail

Source : Cerema, 2018

Définition
Le trait de côte n’est régulier ni dans sa forme, ni dans sa structure. Les différents types de côtes peuvent être séparés en deux catégories : les côtes d’érosion telles que les falaises, et les côtes d’accumulation, fruit de la sédimentation ou de l’activité d’organismes vivants. Si les premières ne peuvent que reculer, pour cause des phénomènes d’érosion, les secondes peuvent aussi avancer par phénomènes d’accumulation ou d’accrétion. Ces évolutions sont affectées par les volumes de sédiments disponibles, par les facteurs hydrodynamiques et climatiques, par le niveau de la mer et par les activités humaines (aménagements sur les rivières bloquant l’apport de sédiments continentaux, constructions sur le littoral limitant les courants et les flux solides, extraction de granulats…). Le vent quant à lui, est un agent de transport fondamental pour les côtes d’accumulation sableuse.

L’indicateur portant sur l’érosion côtière représente la tendance passée de l’évolution de la position du trait de côte. Cette tendance est calculée en comparant la position du trait de côte sur 2 photographies aériennes dont les dates de prise de vue sont éloignées de plusieurs décennies, entre 50 et 90 ans selon les clichés disponibles. Les clichés anciens (1920 - 1957) ont été traités par l’IGN, l’IFREMER et le Shom, les plus récents proviennent de la Bd-Ortho de l’IGN et de l’Ortholittorale V2.

Pour localiser les traits de côtes naturels, différents types de marqueurs morphologiques du littoral sont utilisés par le Cerema : principalement limite de la végétation ou limite du haut de falaise pour les côtes à marée, limite supérieure du jet de rive (sable mouillé pour les côtes basses meubles) ou limite de la végétation en Méditerranée.

Pour chaque trait de côte naturel, des profils perpendiculaires au rivage ont été tracés tous les 200 m, soit près de 21 700 profils au total. Au droit de chacun d’entre eux, la distance a été calculée entre le trait de côte ancien et le trait de côte récent. En divisant cette distance par le nombre d’années séparant ces deux trait de côte, on obtient le taux d’évolution annuel, en m/an.

Auteurs : Cerema Eau, mer et fleuves, Service de la donnée et des études statistiques (SDES).

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