L’artificialisation des sols

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En 2012, un peu moins de 6 % des terres sont artificialisées en France métropolitaine, soit 3 Mha (Corine Land Cover, 2012). L’artificialisation progresse au même rythme ces six dernières années qu’entre 2000 et 2006. Les espaces artificialisés se sont ainsi accrus d’environ 3 % (+ 137 km²/an) entre 2006 et 2012. Ces espaces englobent les zones urbanisées, industrielles ou commerciales, les réseaux de communication, les mines, décharges et chantiers et les espaces verts urbains.

La qualité des sols artificialisés entre 2006 et 2012

L’accroissement global des espaces artificialisés entre 2006 et 2012 s’est fait à 89 % aux dépens de terres agricoles et à 90 % sur la période précédente (742 km²). Entre 2000 et 2006 ce sont surtout des sols de très bonne qualité agronomique qui ont été artificialisés. Ils représentent plus d’un tiers (34,8 %) des surfaces agricoles artificialisées. Dans environ la moitié des régions françaises, les sols qui ont les meilleures potentialités agronomiques ont ainsi été les plus touchés.

Surfaces agricoles artificialisées entre 2000 et 2006, en fonction du réservoir utile en eau des sols
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Surfaces agricoles artificialisées entre 2000 et 2006, en fonction du réservoir utile en eau des sols

Note : le réservoir utile en eau des sols représente la quantité d’eau retenue par le sol et que celui-ci peut restituer aux plantes, en vue de leur alimentation ou du transport des éléments nutritifs nécessaires à leur croissance (azote, phosphore, etc.). Il donne une bonne approximation de la qualité des sols. Voir Portail Data de l’Institut national de la recherche agronomique - Inra : https://data.inra.fr/dataverse/gissol

Source : SOeS-Gis Sol

Traitement : SOeS, 2010

L’imperméabilisation des sols

Or, l’Artificialisation des sols de grande valeur agronomique est irréversible. Elle se traduit le plus souvent par une imperméabilisation de la surface des sols, avec de nombreuses conséquences environnementales. Elle favorise le ruissellement de l’eau le long des pentes au détriment de son infiltration, l’érosion des sols, les coulées d’eau boueuse et le risque d’inondation. La concentration du ruissellement intensifie le transfert de sédiments chargés de contaminants des sols vers les cours d’eau (engrais azotés ou phosphatés, hydrocarbures, métaux lourds, produits phytosanitaires).

L’artificialisation des sols peut aussi provoquer un déstockage de carbone rapide et conséquent, qui contribue au changement climatique lorsque le sol n’est pas très vite couvert (végétation, revêtement). Enfin, elle fragmente les habitats naturels, les écosystèmes et les paysages, affectant la biodiversité.