En 2019, les émissions de trois polluants contribuent majoritairement à l’acidification des milieux naturels : l’ammoniac (NH3) pour 64 %, les oxydes d’azote (NOx) pour 28 % et le dioxyde de soufre (SO2) pour 7,4 %. Depuis 1990, les émissions de SO2 et de NOx ont fortement diminué alors que celles de NH3 ont peu baissé. Les objectifs de réduction d’émissions fixés au niveau international sont respectés en 2019 pour ces trois polluants.

Qu’est-ce que la pollution acide ?

La pollution acide désigne les retombées au sol de composés acidifiants ou acides sous l’effet des vents et des précipitations. Elle est connue depuis le XIXéme siècle. Le caractère transfrontalier de cette pollution est mis en évidence à la fin des années 60 par l’acidification des lacs scandinaves et canadiens. Les oxydes de soufre et d’azote ainsi que le NH3 sont en cause dans cette pollution qui peut affecter des zones très éloignées des sources d’émissions. D’autres polluants, comme l’acide chlorhydrique, participent également à l’acidification mais n’interviennent que marginalement du fait de leur faible niveau d’émission comparé aux autres substances.

La pollution acide modifie les équilibres chimiques des milieux naturels : cours d’eau, lacs, sols, forêts. L’acidification des eaux porte atteinte à la faune et la flore aquatiques. Elle peut également augmenter les risques d’intoxication par l’aluminium (contamination des eaux de source) et par le plomb (corrosion des canalisations). L’acidification des sols entraîne leur appauvrissement en minéraux nécessaires à la nutrition des végétaux : calcium, potassium, magnésium. La pollution acide a également un impact sur les matériaux, notamment l’accélération de l’érosion des constructions en pierres calcaires.

Les émissions françaises des polluants contribuant à l’acidification des milieux

En France, le NH3 est actuellement le principal contributeur à l’acidification avec près de deux tiers des émissions en équivalent acide* (64 % en 2019). Les NOx contribuent pour un peu moins d’un tiers à cette pollution (28 % en 2019).

Évolution des émissions de polluants qui contribuent majoritairement à l’acidification en France métropolitaine
Évolution des émissions de polluants qui contribuent majoritairement à l'acidification en France métropolitaine
Afficher la version texte

Évolution des émissions de polluants qui contribuent majoritairement à l’acidification en France métropolitaine

Télécharger le fichier de données

L’ensemble des émissions acides a baissé de 55 % entre 1990 et 2019. Le SO2 (-90 %) et les NOx (-64 %) sont essentiellement à l’origine de cette diminution. Les émissions de NH3 ont faiblement baissé sur cette période (-8,5 %, baisse jusqu’en 2006 puis stabilisation), les activités agricoles constituant la principale source d’émission de ce polluant.

La situation de la France par rapport à la réglementation

Le protocole relatif à la réduction de l’acidification, de l’eutrophisation et de l’ozone troposphérique dit « multi-polluants/multi-effets » a été signé le 30 novembre 1999 à Göteborg. Il porte notamment sur les émissions de ces trois polluants acides avec des plafonds à ne pas dépasser à l’horizon 2010. Les objectifs fixés pour le NH3 et le SO2 ont été atteints avant l’échéance de 2010, alors que celui fixé pour les NOx l’est depuis 2016.

Dans le cadre de ce protocole, les États membres peuvent demander un ajustement des estimations de leurs émissions lorsque les hypothèses techniques à l’origine de la définition des objectifs de réduction ne sont finalement pas vérifiées. Cela permet de remédier à certaines des incertitudes inhérentes à la fixation des engagements de réduction des émissions. Cette procédure permet également de prendre en compte l’amélioration des connaissances scientifiques dans le domaine des émissions de polluants atmosphériques. Son application permet ainsi d’évaluer le respect des plafonds dans des conditions comparables, ces derniers n’étant pas révisés en fonction de l’avancée des connaissances scientifiques et techniques, à la différence des inventaires d’émission. Dans ces conditions, la France a atteint son objectif en 2012.

Le protocole de Göteborg a été amendé en 2012 et fixe de nouveaux objectifs pour 2020 et 2030 notamment pour le SO2, les NOx et le NH3. Les émissions françaises de NOx et de NH3 devront encore diminuer respectivement de moins de 1 % et de 2 % d’ici 2020. Pour le SO2, les émissions sont d’ores et déjà en deçà de l’objectif.

La directive européenne 2001/81/CE (dite NEC) du 23 octobre 2001 fixe également des plafonds d’émission nationaux pour 2010 pour le SO2, les NOx, le NH3 et les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM). Elle prévoit également une procédure d’ajustement des émissions comme pour le protocole de Göteborg. En 2016, la directive NEC est abrogée par la directive (EU) 2016/2284 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2016 qui fixe par ailleurs des objectifs de réduction d’émission pour les mêmes polluants à horizon 2020 et 2030. Ces objectifs sont identiques à ceux de protocole de Göteborg amendé.

Synthèse des objectifs de la France relatifs à l’acidification
Afficher la version texte

Synthèse des objectifs de la France relatifs à l’acidification

Source : Citepa, mise à jour avril 2020 – format Secten