La qualité de l’air dans les agglomérations françaises

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De 2000 à 2018, la pollution de l’air des villes s’est améliorée en situation de fond. Pour quatre des cinq polluants les mieux suivis sur cette période, les concentrations ont baissé significativement. Néanmoins, les normes réglementaires de qualité de l’air fixées pour la protection de la santé sont encore dépassées sur certaines parties du territoire.

L’évolution des concentrations des polluants les plus suivis dans l’air extérieur

La qualité de l’air que l’on respire est caractérisée par les concentrations de différents polluants, exprimées le plus souvent en microgrammes par mètre cube d’air (µg/m3). Ces concentrations sont mesurées en différents points du territoire français, majoritairement dans les villes à proximité de sources d’émissions (trafic routier, industries) et dans des zones éloignées de ces sources (fond urbain).

Sur la période 2000-2018, cinq polluants ont majoritairement été suivis : le Dioxyde de soufre (SO2), le dioxyde d’azote (NO2), l’Ozone troposphérique (O3), les particules de diamètre inférieur à 10 µm (PM10) et celles de diamètre inférieur à 2,5 µm (PM2,5).

Depuis 2000, les émissions de ces polluants ou de leurs précurseurs ont diminué, de même que leurs concentrations, hormis pour l’O3. Le plus souvent les concentrations ont baissé dans des proportions plus faibles que les émissions.

Ainsi, les concentrations moyennes annuelles de fond en SO2 ont fortement diminué pour atteindre des niveaux proches de 0 depuis plusieurs années. Des fluctuations peuvent être observées d’une année sur l’autre, mais concernent des concentrations très faibles.

Les teneurs en NO2, PM10 et PM2,5 (sur la période 2009-2018 s’agissant des PM2,5) ont baissé de manière plus modérée. Des variations interannuelles de concentrations sont observées pour les particules, leur présence dans l’air étant à la fois liée aux émissions anthropiques et aux émissions naturelles (particules primaires), à la formation de particules secondaires, aux conditions météorologiques et aux émissions de précurseurs gazeux.

Pour l’O3, les concentrations moyennes estivales sont stables sur la période 2000-2018. Elles peuvent présentées des variations d’une année sur l’autre, celles-ci étant dépendantes des conditions météorologiques et du transport longue distance de pollution. En effet, l’O3 n’a pas de source directe dans l’atmosphère. Il se forme par réactions chimiques entre différents polluants, principalement les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV) sous l’effet du rayonnement solaire. C’est un polluant dit secondaire.

Malgré la diminution des émissions de polluants dans l’air, les normes européennes de qualité de l’air fixées pour la protection de la santé à long terme pour le NO2, l’O3 et les PM10 sont toutefois dépassées chaque année en France. Ces dépassements interviennent principalement à proximité du trafic routier pour le NO2 et en fond urbain et à proximité du trafic routier pour les PM10.

Évolution des concentrations en SO2, NO2, O3, PM10 et PM2,5 en fond urbain
Évolution des concentrations en SO2, NO2, O3, PM10 et PM2,5 en fond urbain
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Évolution des concentrations en SO2, NO2, O3, PM10 et PM2,5 en fond urbain

Méthodologie

Le Service des données et études statistiques (SDES) calcule chaque année un indicateur de la pollution de l’air sous forme d’indice en base 100 des concentrations en 2000. Cet indice permet de chiffrer l’évolution des concentrations des cinq polluants les mieux surveillés sur la période : SO2, NO2, O3, PM10 et PM2,5 depuis 2009. Pour les PM2,5, il a été pris comme hypothèse que l’indice PM2,5 en 2009 était égal à l’indice PM10.

Les données utilisées sont celles des stations de fond urbain. Elles sont produites par les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa). Elles sont centralisées dans la base de données nationale, Géod’Air, gérée par le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l’air (LCSQA). Pour le calcul de l’indice de l’année n, les stations sélectionnées sont celles ayant fonctionné 85 % de l’année n et de l’année n-1. Cette méthode permet de mesurer l’évolution réelle entre deux années et de tenir compte de l’évolution du réseau de mesures. L’indice calculé est pondéré par les surfaces et ne tient pas compte de la population vivant à proximité des stations.

Taille des agglomérations considérées :

  • petites (<100 000 habitants),
  • moyennes (100 000 à 250 000 habitants),
  • grandes (250 000 à 1 000 000 habitants),
  • très grandes (>1 000 000 habitants).

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