L’indice pesticides dans les cours d’eau

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L’indice pesticides dans les cours d’eau (IPCE), développé dans le cadre du suivi du plan Ecophyto, montre comment évolue la contamination chronique des cours d’eau par les substances composant les produits phytopharmaceutiques. Les derniers résultats montrent des signes d’amélioration dans presque tous les territoires et le rôle particulier des herbicides.

Un indice en baisse d’environ 20 % depuis 2008

Alors que de nombreux Pesticide continuent d’être détectés dans la plupart des cours d’eau, leur présence baisse de 19 % en métropole et de 21 % en outre-mer sur la période 2008-2017. L’amélioration en métropole est assez nette jusqu’en 2015 puis se stabilise. En outre-mer, l’indice montre des variations interannuelles plus marquées.

Évolution des indices pesticides en métropole et outre-mer
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Évolution des indices pesticides en métropole et outre-mer

Source : Système d’information sur l’eau www.eaufrance.fr, extraction du 30 octobre 2018

Traitement : SDES, 2019

Parmi les sous-secteurs hydrographiques de métropole présentant suffisamment de données, près d’un sur deux présente un indice en baisse. Les sous-secteurs montrant une évolution favorable sont répartis de façon homogène sur le territoire.

Évolution de l’indice pesticides par sous-secteur hydrographique de métropole

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Évolution de l’indice pesticides par sous-secteur hydrographique de métropole

Source : Système d’information sur l’eau EauFrance - ANSES – Ineris

Traitements : SDES, 2019

Évolution de l’indice pesticides par département d’outre-mer

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Évolution de l’indice pesticides par département d’outre-mer

Source : Système d’information sur l’eau www.eaufrance.fr, extraction du 30 octobre 2018

Traitements : SDES, 2019

Des évolutions essentiellement guidées par les herbicides

En métropole, sur la période 2014-2017, la baisse de l’indice est essentiellement due à une moindre présence de cinq herbicides dans les eaux, dont deux sont interdits d’usage (depuis 2013 pour l’acétochlore et depuis 2017 pour l’amnotriazole ou amitrole). Ces fortes baisses ont compensés les augmentations observées sur d’autres substances comme la pendiméthaline (herbicide) ou la cypermethrine (insecticide). De façon générale, l’IPCE “Herbicides” est l’indice dont la baisse est la plus nette depuis 2012.

En outre-mer, sur la même période, les fortes baisses observées sur certains herbicides et insecticides (2,4-D, chlorpyryphos-éthyl) ont été neutralisées par des augmentations d’autres herbicides (métribuzine, pendiméthaline, chlortoluron).

Contributions à l’indice pesticides entre 2014 et 2017 en métropole

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Contributions à l’indice pesticides entre 2014 et 2017 en métropole

Source : Système d’information sur l’eau www.eaufrance.fr, extraction du 30 octobre 2018

Traitements : SDES, 2019

Évolution de l’indice pesticides par classe d’usages en métropole

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Évolution de l’indice pesticides par classe d’usages en métropole

Source : Système d’information sur l’eau www.eaufrance.fr, extraction du 30 octobre 2018

Traitements : SDES, 2019

Contributions à l’indice pesticides entre 2014 et 2017 en outre-mer

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Contributions à l’indice pesticides entre 2014 et 2017 en outre-mer

Source : Système d’information sur l’eau www.eaufrance.fr, extraction du 30 octobre 2018

Traitements : SDES, 2019

Évolution de l’indice pesticides par classe d’usages en outre-mer

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Évolution de l’indice pesticides par classe d’usages en outre-mer

Source : Système d’information sur l’eau www.eaufrance.fr, extraction du 30 octobre 2018

Traitements : SDES, 2019

Méthodologie des traitements

Données d’entrée
Les données de concentrations utilisées pour le calcul de l’IPCE dans les cours d’eau sont extraites de la base de données Naïades du système d’information sur l’eau www.eaufrance.fr. Qualifiées de “correctes” par les producteurs, elles proviennent soit des réseaux de surveillance liés à la mise en œuvre de la directive-cadre sur l’eau, soit de réseaux complémentaires. Les données d’écotoxicité des pesticides proviennent des bases de données Agritox et du portail des substances chimiques INERIS.
Environ 350 substances sont prises en compte. Sur un plan chimique, elles forment une liste de molécules mères et de produits de dégradation. Sur un plan réglementaire, elles forment une liste de substances approuvées et non approuvées.
Pour une année et une substance donnée, un point de mesure d’un cours d’eau de métropole est retenu s’il présente au moins 4 résultats d’analyses ; en outre-mer, il est retenu s’il en présente au moins 2.

Les résultats d’analyses inférieurs aux limites de quantification des laboratoires sont remplacés par la demi-valeur de cette limite de quantification. Les substances qui ne sont jamais quantifiées sur un point de mesure sont écartées du calcul.

Calculs
Sur chaque point de mesure est calculée la somme des rapports entre les concentrations moyennes annuelles des substances présentes dans l’eau (μg/L) et leur concentration sans effet prévisible sur l’environnement (PNEC en μg/L). Ainsi, dans le cas d’un point p présentant n substances i analysées, cette somme vaudra :

À l’échelle de ce point, le coefficient d’évolution entre deux années consécutives a-1 et a vaut :

où les substances prises en compte sont identiques les deux années considérées.

À l’échelle d’un territoire t (sous-secteur hydrographique, département d’outre-mer, France métropolitaine) comportant j points de mesures, les coefficients d’évolution des points sont agrégés par moyenne géométrique.

L’IPCE du territoire t est obtenu par multiplication des coefficients d’évolution annuels successifs en prenant l’année 2008 comme base 100 (méthode inspirée de l’indice des prix). En 2017, l’indice vaut donc :

Principaux avantages et limites de l’indice
L’IPCE permet de suivre l’évolution des contaminations selon un pas de temps annuel. Il présente l’avantage d’intégrer l’écotoxicité de chaque substance qui le compose.

Les valeurs de l’indice agrégé à l’échelle métropole ou outre-mer peuvent toutefois être influencés par un grand bassin hydrographique ou un département particulier (fonction de l’effort de surveillance territoriale et des performances analytiques des laboratoires).

Le fait de réaliser les calculs à champs biannuels constants sur les points de mesure et les substances permet de retenir des réseaux de surveillance strictement comparables deux années successives et de contrôler leur évolution dans le temps.