Radioactivité naturelle : le radon

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Reconnu comme cancérigène certain depuis plus de trente ans, le radon constitue la première source d’exposition des populations à la radioactivité naturelle. Présent dans les sols, ce gaz peut présenter de fortes concentrations à l’intérieur des bâtiments et des lieux fermés. En France, le radon est principalement présent en Corse, en Bretagne, dans le Massif central et les Vosges ainsi que dans une partie de l’outre-mer. Malgré des risques sanitaires élevés, l’exposition au radon ne représente cependant pas un sujet de préoccupation majeur pour les populations concernées.

Le radon, élément radioactif essentiellement d’origine naturelle

Le Radon est un radionucléide qui fait partie des substances classées comme cancérigène certain pour le poumon depuis 1987.

La radioactivité naturelle résulte des radio-isotopes de la roche à partir de laquelle ils se forment. Les sols peuvent alors atténuer les effets de la radioactivité, ou a contrario, devenir des sources de pollution radioactive aux effets dommageables pour l’homme et l’environnement. Les rayonnements ionisants d’origine naturelle représentent ainsi les deux tiers de l’exposition de la population en France métropolitaine. Cette exposition regroupe en particulier, l’inhalation de gaz radon, aux côtés de l’irradiation cosmique ou tellurique, ainsi que la consommation d’aliments ou d’eau contenant naturellement des éléments radioactifs. Ainsi, le radon constitue à lui seul, le tiers de l’exposition à la radioactivité reçue chaque année par la population française.

En outre, le radon d’origine anthropique, lié à l’exploitation minière d’uranium en France de 1948 à 2001 a donné lieu à 170 millions de tonnes de stériles, résidus miniers, dont deux millions ont été réutilisés en remblais.

Des formations géologiques potentiellement émettrices de radon

Le radon 222, gaz radioactif naturellement présent dans certaines roches (granit, gneiss, roches volcaniques acides), migre dans les sols depuis le sous-sol jusqu’à l’atmosphère. Généralement faibles dans l’air extérieur, les concentrations en radon peuvent parfois être élevées à l’intérieur des bâtiments et des lieux fermés en contact avec le sol. Tenant compte de la teneur en uranium des terrains sous-jacents, le « potentiel radon » des formations géologiques estime donc la probabilité de présence de radon à des niveaux élevés dans les bâtiments.

En France métropolitaine, près d’un quart des communes sont concernées par un taux moyen ou élevé du potentiel radon de leurs sous-sol, car les formations géologiques d’une partie de leur territoire renferment des teneurs en uranium particulièrement élevées. Cela concerne au moins une commune sur deux dans 21 départements, notamment en Auvergne, en Bretagne et dans le Limousin. Le phénomène touche toutefois plus particulièrement la Haute-Corse, la Creuse et la Haute-Vienne, où au moins 90 % des communes sont concernées.

Le radon est majoritairement présent dans les grands massifs granitiques ou gneissiques (Corse, massifs armoricain et central, Vosges), ainsi que dans certains grès et schistes noirs. Les résultats de la campagne nationale de mesure de la radioactivité naturelle montrent que plus de 40 % des bâtiments situés sur ces terrains dépassent 100 Bq/m3 et plus de 6 % dépassent 400 Bq/m3 (IPSN/DPHD-SEGR-LEADS, 2000). Outre-mer, les massifs granitiques de la Guyane française et les formations volcaniques de Mayotte et de Polynésie française en font les territoires les plus exposés.

Potentiel radon des formations géologiques en 2017
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Potentiel radon des formations géologiques en 2017

Source : IRSN, 2017

Traitement : SDES, 2019

Seules 6 % des communes de métropole ont un potentiel radon du sous-sol estimé faible, mais avec des facteurs géologiques susceptibles de faciliter les transferts. Certaines caractéristiques particulières du sous-sol (failles, ouvrages miniers ou sources hydrothermales) peuvent en effet constituer un facteur aggravant de nature à augmenter localement le potentiel radon.

Enfin, le potentiel radon est jugé faible pour deux tiers des communes métropolitaines, principalement situées dans les bassins parisien et aquitain et le Massif central. C’est également le cas en Polynésie française et dans les Antilles.

Dans les maisons individuelles, 2,5 millions d’habitants exposés au potentiel radon moyen ou élevé

Dans les zones concernées, les habitants des maisons individuelles sont plus particulièrement exposés au potentiel radon, en raison d’un contact plus direct avec le sous-sol par rapport aux habitants des logements collectifs. En France, 41,8 millions d’habitants (62 % de la population) vivent dans une maison individuelle à titre de résidence principale (59 %) ou secondaire (3 %). 21 % d’entre eux se voient exposés à un potentiel moyen ou élevé, 10 % à un potentiel faible mais avec des facteurs géologiques favorisant les transferts et 69 % à un potentiel faible.

À l’échelle locale, dix départements comptent plus de 80 % des habitants de maisons individuelles dans les zones exposées au potentiel radon moyen ou élevé, soit un total de 2,5 millions d’habitants : Corse du Sud (100 %), Creuse (97 %), Finistère (93 %), Haute-Vienne (91 %), Morbihan (90 %), Cantal (87 %), Côtes d’Armor (84 %), Corrèze (83 %), Lozère (83 %), Aveyron (82 %). Pour quatorze départements les habitants exposés représentent entre la moitié et les trois quarts de la population totale du territoire.

Exposition des populations au potentiel radon moyen ou élevé en 2017
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Exposition des populations au potentiel radon moyen ou élevé en 2017

Note : habitants occupants des maisons individuelles à titre de résidence principale et recensées dans les fichiers démographiques sur les logements et les individus (Insee, Fideli).

Source : IRSN, 2017 ; Insee, Fideli, 2016

Traitement : SDES, 2019

Un faible niveau de préoccupation des français malgré un risque sanitaire avéré

En France, l’exposition au radon serait à l’origine de près de 3 000 décès par cancer du poumon chaque année (IRSN, SPF), soit 10 % des victimes du cancer du poumon. Le risque est nettement plus élevé chez les fumeurs, l’interaction entre le radon et le tabac multipliant par trois le risque de cancer du poumon (Institut national du cancer).

Pourtant, parmi les 34 sujets étudiés dans le baromètre de l’IRSN sur la perception des risques par les Français, la présence de radon dans les habitations figure parmi les dangers les moins redoutés. En 2017, seuls 12 % des enquêtés estiment a contrario qu’il représente un risque élevé.

Considérez-vous que les risques liés à la présence de radon dans les habitations sont élevés, moyens ou faibles ?
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Considérez-vous que les risques liés à la présence de radon dans les habitations sont élevés, moyens ou faibles ?

Source : IRSN, Baromètre sur la perception des risques et de la sécurité par les Français

Traitement : SDES, 2019

De manière générale, un Français sur quatre n’a pas d’opinion sur la question du radon. Quand ils se montrent défiants ou suspicieux sur ce sujet, ils le sont dans des proportions nettement inférieures à celles observées pour la plupart des autres risques environnementaux et/ou sanitaires.

Dans les 31 départements les plus concernés par la présence de radon, les enquêtés s’avèrent mieux informés sur ce risque que le reste de la population : 29 % savent de quoi il s’agit, contre 18 % dans le reste de la France (Inpes-INCa, Baromètre Cancer 2010), mais seuls 21 % sont conscients d’être exposés à ce type de risque (INPES, Baromètre Santé Environnement 2007).

Mesurer les expositions et réduire les concentrations pour prévenir les risques

Le dépistage, à l’aide d’un dosimètre, permet de mesurer la concentration moyenne du radon dans un logement et de refléter l’exposition moyenne de ses habitants. En cas de concentration élevée de radon, cette exposition peut être réduite en procédant à des travaux de rénovation du logement : amélioration de l’étanchéité entre le sol et l’habitation, de la ventilation et du système de chauffage.

En France, certaines catégories d’établissements font l’objet d’une surveillance particulière. Ainsi, des mesures de radon doivent être effectuées tous les dix ans dans les établissements recevant du public (établissements scolaires, hôpitaux, maisons de retraite, etc.) et, le cas échéant, des travaux doivent être entrepris pour réduire les expositions.

Pour les professionnels travaillant dans des lieux souterrains (tunnels routiers ou ferroviaires, grottes, etc.), les employeurs doivent réaliser des mesures tous les cinq ans. Récemment, le décret 2018-434 du 6 juin 2018 permet une meilleure prise en compte du radon, en abaissant le seuil de gestion (300 Bq/m3 au lieu de 400 Bq/m3), en élargissant la surveillance des établissements recevant du public aux crèches et en créant une information des acquéreurs ou locataires dans des zones à potentiel radon significatif.

Adossé au PNSE-3, le plan national d’action 2016-2019 pour la gestion du risque lié au radon a été mis en place afin de poursuivre l’information et la sensibilisation du public, améliorer les connaissances ainsi que la prise en compte de ce risque dans les bâtiments.

Cet article est un extrait du focus Environnement et santé.

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